Abolition de l’aide étrangère : une occasion de développement à saisir pour l’Afrique?
Le président américain Donald Trump a restreint, et menace d’abolir, certaines aides étrangères que son gouvernement finance, des programmes pourtant primordiaux pour la stabilité et le bon fonctionnement de nombreux pays dits pauvres ou en voie de développement. Toutefois, des étudiants d’origine africaine et des experts estiment que les pays africains devraient se saisir de l’occasion pour amorcer une phase d’émancipation économique, même si cela peut être douloureux. Mme Cissé croit qu’il faudrait redéfinir le principe d’aide étrangère Est-ce plus important de recevoir toujours de l’aide financière venant d’un autre pays ou alors de revoir le schéma de financement international pour que les pays africains en général deviennent plus autonomes financièrement? Sekouba Traore admet que mettre un terme aux aides étrangères aurait un impact négatif sur les pays d’Afrique qui en dépendent. Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo De son côté, Sekouba Traoré, un autre résident du Grand Sudbury d’origine malienne, croit que l’abolition des aides américaines affectera grandement les pays africains qui en bénéficient. M. Traoré estime d’ailleurs que le développement de l’Afrique ne pourrait se faire sans l’appui d’autres pays. Dans un monde idéal, nous serons en mesure de développer nos propres ressources, mais ce n’est pas encore possible pour l'instant. Des données du gouvernement américain indiquent qu’en 2023, les États-Unis ont déboursé 17,4 milliards de dollars américains en Afrique, dans le cadre de son programme d’aide au développement, l’USAID. Aussi, le gouvernement américain a injecté plus de 10 milliards de dollars par le biais de l’agence Millenium Corporation Challenge, MCC, un organisme conçu pour combattre la pauvreté en encourageant la croissance économique. Cet argent a contribué notamment à réaliser des projets d’infrastructures routières ou encore d’assainissement des eaux depuis la création de l’agence en 2004, des projets qui ont bénéficié à environ 154 millions d’Africains. Cependant, le président Trump a supprimé 83 % des programmes de l’agence USAID, et a signé un décret le mois dernier, qui limite les opérations de la MCC depuis lors. En février, le Royaume-Uni a décidé de réduire de 40 % son budget d’aide humanitaire pour l’année en cours; la France, les Pays-Bas, la Suisse et l’Allemagne ont emboîté le pas en procédant à des réductions qui s’évaluent au total à 12,5 milliards de dollars, selon Caritas Internationalis, une confédération d’aide internationale. Félicité Ngadja espère que les pays africains prennent conscience de leur plein potentiel et utilisent leurs ressources pour bâtir des communautés qui ne nécessiteront plus aucune assistance. Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo Même son de cloche pour Félicité Ngadja, spécialiste de la politique africaine, qui estime qu’il serait temps que les dirigeants des pays africains C’est le moment de se réveiller […] il faut que l’union africaine saisisse cette opportunité pour faire un plan et mettre en relief les ressources africaines. Cet avis à l’extérieur d’une clinique du Cap, en Afrique du Sud, indique qu’elle n’est pas en mesure de fournir des services jusqu’à nouvel ordre en raison de la suspension des programmes de l’USAid. Photo : Reuters / Esa Alexander En 2023, Akinwumi Adesina, le président de la Banque africaine de développement, soulignait dans un communiqué de l’organisme qu’avec Il est temps de changer de modèle, de chercher de nouveaux partenaires. Mieux vaut commencer maintenant au lieu d’être des éternels assistés. Bien que M. Brown reconnaisse que le chemin vers l’autonomie financière sera long et périlleux pour l'Afrique, il pense qu’il sera nécessaire pour assurer l'essor de la région. Stephen Brown croit que cela bénéficierait aux pays africains de travailler pour devenir autonomes. Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo Dans une allocution le mois dernier, Pierre Poilievre, le chef du Parti conservateur du Canada, a lui aussi promis de réduire considérablement l’aide étrangère s’il est élu, afin de financer la défense de l’Arctique. De même, le Parti populaire du Canada s’engage à Un porte-parole du Parti vert du Canada indique que le groupe projette d’accroître l’aide étrangère pour le développement, et pense que le Canada a besoin d’une politique étrangère équilibrée, qui inclut l’aide internationale. Pour sa part, le Nouveau Parti démocratique du Canada promet de consacrer 0,7 % du revenu national brut à l’aide internationale, afin de valoriser efficacement les intérêts du pays à l’étranger. Le Parti libéral du Canada n’a pas réagi à notre demande d’entrevue.C’est important d’avoir sa propre économie. Je comprends que l’aide internationale est importante pour les problèmes sanitaires et alimentaires, mais je ne pense pas que les communautés devraient en dépendre
, lance Yacine Cissé, résidente sudburoise originaire du Sénégal.qui finit souvent par limiter la fluidité ou encore l’autonomie d’un pays
.
Actuellement, l’Afrique reçoit beaucoup d’aides occidentales, alors les suspendre laissera de grosses séquelles parce que, malheureusement, nous en sommes dépendants
, dit-il.
Une décision
cruelle
qui nécessite un éveil de consciences C’est cruel comme façon de procéder
, estime Stephen Brown, professeur de sciences politiques à l’Université d’Ottawa.
Si on se met d’accord de façon multilatérale qu’il faut réduire l’aide et que les pays du Sud gagneraient à avoir plus d’autonomie financière, alors ça prend un plan
, renchérit-il.se libèrent de cette dépendance insultante
au lieu de se morfondre.
des ressources naturelles évaluées à 6500 milliards de dollars […], l’Afrique n’avait aucune excuse d’être pauvre
.Ce n'est pas une réforme qui se fait en un an ou deux. Il faudra repenser la gouvernance, repenser la participation, repenser aussi les relations internationales qui permettront aux pays de se rassembler et si possible d'avoir une position commune pour le bien de tous
, précise-t-il.
Le Canada pourrait également tourner le dos à l’aide étrangère
éliminer l’ensemble des programmes d’aide étrangère et à consacrer cet argent au bien-être des Canadiens, soit en éliminant le déficit, en réduisant les impôts, ou en dépensant sur d’autres priorités
.
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